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    Basé sur des traductions inédites de livres et d'articles chinois, il contient :

  • Une présentation des théories fondamentales.
  • L’introduction et tous les points de la famille Tung tels que décrits par le maître lui-même dans ses ouvrages de 1968 et 1973.
  • Une photo détaillée de chacun des points pour les localiser avec précision.
  • 38 cas cliniques relevés et commentés par les disciples directs.
  • Soit plus de 400 pages dédiées à l'application clinique de l'acupuncture.

 

 

 

Les quatre fleurs de maître Cui

Posté le 31/01/2018

Une méthode traditionnelle de moxibustion 艾灸

 

四花穴法

Sì huā xué fǎ

   Extrait du Zhēnjiǔ Dàchéng 针灸大成

 

 

        C'est dans le 13èmLes volumineux Wai Tai Mi Yao de Wang Dao.Les volumineux Wai Tai Mi Yao de Wang Dao.e rouleau parmi les 40 comptés dans le volumineux "Wài tái mì yào" 台秘要 traduit par "Les secrets médicaux d'un officiel", daté de l'an 752, que l'on trouve la première référence aux Sì huā xué, les  points d'acupuncture qui forment "les quatre fleurs". L'auteur 王燾 Wáng Dào les attribue alors au docteur militaire de la dynastie Táng (618 - 907), Cuī Zhītì 崔知悌, dont malheureusement rien d'autre n'ait parvenu jusqu'à nous. «Les quatre fleurs» seront ensuite reprises dans de nombreux livres consacrés à l'acupuncture - moxibustion, dont un qui en a véritablement marqué l'histoire, et qui fait toujours référence en Chine et ailleurs, le classique "Zhēnjiǔ Dàchéng" 针灸大成, du médecin Yáng Jì Zhōu 杨继洲, daté de 1601. C'est à partir du 7ème chapitre du livre 9 de cet ouvrage que nous avons basé notre traduction et notre article.

 

Statue de Cui Zhi Ti à Yānlíng dans le Hénán.Statue de Cui Zhi Ti à Yānlíng dans le Hénán.

  

崔氏取四花穴法

Cuī shì qǔ sì huā xué fǎ

La méthode des points « quatre fleurs » de maître Cuī

 

        Les quatre fleurs traitent chez les hommes et les femmes les cinq épuisements et les sept blessures*, le vide de qì et l'épuisement du sang, la chaleur provenant des os (comme cuit à la vapeur) et les bouffées de chaleur, la toux, les glaires, les expectorations et l'asthme, la chétivité et les maladies incurables.

 

            Méthode de localisation avec la ficelleMéthode de localisation avec la ficelleLe texte est suivi d'une description précise pour localiser les points à l'aide d'une ficelle. Cela peut paraître surprenant mais s'explique par le fait que cette méthode s'adresse à un public de non-spécialistes. Le but de maître Cuī est clairement de faire profiter de sa méthode à un maximum de ses compatriotes. Grâce à cette méthode de localisation, il n'est pas nécessaire de connaître les repères anatomiques, ni les méridiens. En effet, la pratique de la moxibustion, à la différence de l'utilisation des aiguilles est sûr, pour peu qu'on prenne garde à ne pas brûler l'épiderme, évidemment (bien qu'en Chine soit également pratiquée la moxibustion "directe"). La moxibustion est une méthode encore très populaire en Chine. Et beaucoup de personnes l'utilisent à leur domicile.

 

        Enfin Ge Shu V17 et Dan Shu V19 forment les Si Hua Xue de maître Cui.Yáng Jì Zhōu fait correspondre les 4 points de maître Cuī à 膈俞 Gé Shu (V17 – Point Shū du dos correspondant au diaphragme et point huì du sang ; dans le creux entre la 7ème et la 8ème dorsale à 1,5 cùn du centre de la colonne vertébrale) et 胆俞 Dǎn Shū (V19 - Point Shū du dos correspondant à la vésicule biliaire; dans le creux entre la 10ème et la 11ème dorsale à 1,5 cùn du centre de la colonne vertébrale). Utilisés bilatéralement, ces points forment alors un carré de 3 cùn de long par 3 cùn large, que l'on appelle "les quatre fleurs de maître Cuī". Quasi utilisée exclusivement sous forme de moxibustion, il s'agit d'une méthode de grande tonification. Maître Cuī recommande d'utiliser 7 cônes sur chacun des points (en pratique pour obtenir une grande tonification il n'est pas rare d'en utiliser 9, 36, voire 100 et plus sur chacun des points).

 

            *Wǔ láo qī shāng 五劳七伤 les cinq épuisements et les sept blessures font référence au "Huángdì Nèijīng" et aux méthodes de Yǎngshēng dans lequel il est stipulé que les cinq épuisements sont :

               

            Trop regarder épuise le sang (cœur), être trop allongé épuise le qì (poumons), être trop assis épuise les muscles (rate), être trop debout épuise les os (reins), trop bouger épuise les tendons (foie). 黄帝内经素问·宣明五气篇 Huángdì Nèijīng Sù wèn·Xuānmíng wǔ qì piān (Ch23.12).

 

            Et les sept blessures sont : trop manger blesse la rate, se mettre en colère inverse la circulation du qì et blesse le foie, les efforts physiques intenses et le levé de poids ainsi que demeurer longtemps dans un milieu humide blessent les reins, l'exposition au froid et les boissons froides blessent les poumons, la peine, l'inquiétude et la tristesse blessent le cœur, le vent, la pluie, la chaleur, le froid blessent le corps, les peurs craintes et phobies blessent l'esprit (Zhì - volonté).

 

Zhenjiu Dacheng - Sihua xuefaZhenjiu Dacheng - Sihua xuefa

 

             Bien que Yáng Jì Zhōu n'en fait pas mention dans le texte, il ajoute sur l'illustration les points 膏肓穴 Gāo huāng xué(V43) appelés ici 膏肩俞 Gāo jiān shū (Dans le creux entre la 4ème et la 5ème dorsale à 3 cùn du centre de la colonne vertébrale) ; autres grands points de tonification, notamment pour le syndrome 虚损 xū sǔn. Le 肘后备急方 "Zhǒu hòubèi jí fāng" "Manuel de prescription en cas d'urgence" du fameux Gé Hóng (283-343) décrit ce syndrome comme suit : vide de qì, vide de sang, vide de yáng, vide de yīn. Le bas du dos et les genoux sont épuisés, vertiges et acouphènes, émissions nocturnes et éjaculation précoce, maux de gorge, rougeurs sur les joues, langue rouge avec peu d'enduit, pouls profond, fin et rapide (chén xì shù mài), ainsi que beaucoup d'autres symptômes. Gāo huāng xué(V43) est donc naturellement fréquemment ajouté aux "quatres fleurs" formées par 膈俞 Gé Shu (V17) et 胆俞 Dǎn Shū (V19). On obtient alors "six fleurs".

 

 

 

Article traduit et rédigé par votre praticien Raphaël Gallo-Bona,

de l'Institut Feng Zhen.